Saint-Viaud

La place de la mairie est devenue place Jollan de Clerville

La place de la mairie est devenue place Jollan de Clerville

Ce dimanche 17 septembre, à l'occasion des Journées du Patrimoine, la place de la mairie était baptisée d'un nouveau nom. Retour en images et en discours sur cette matinée.

A 11 h 00, ce dimanche 17 Septembre, en présence des sénateurs André Trillard et Joël Guerriau, de Pierre Gressant qui représentait le sénateur Ronan Dantec, de Mme la Maire de Corsept, de Monsieur le Maire de Paimboeuf et de nombreux Vitaliens entourant les représentants de la famille Jollan de Clerville, avait lieu le baptème de la place Jollan de Clerville, et l'accueil des nouveaux arrivants.

Dans son discours, Roch Chéraud, le maire de la commune, est revenu sur les valeurs qui ont guidé Adolphe et Louis Jollan de Clerville. Eux, qui ont présidé aux destinées de la commune de 1903 à 1945 :

Je suis très honoré de pouvoir vous accueillir ici à Saint-Viaud, en ce jour des Journées du Patrimoine pour cet instant solennel du baptême d’une place du nom de deux hommes et à travers eux, d’une famille, qui a beaucoup donné à Saint-Viaud. Je ne vais pas revenir sur la vie d’Adolphe et de Louis Jollan de Clerville, car je laisse le soin au représentant de la famille de le faire.

Je voudrais surtout recentrer mon propos de ce matin, autour de valeurs communes qui ont inspiré l’action politique de ces deux hommes qui ont présidé aux destinées de la commune pendant presqu’un demi siècle. Et pendant des périodes très compliquées, puisqu’ils étaient maires chacun à leur tour lors des deux conflits mondiaux. En parcourant leurs parcours de vie trois mots me viennent à l’esprit pour retracer leur ligne de conduite.

L’honneur et la fidélité d’abord. Ces mots, galvaudés à toutes les sauces aujourd’hui, avaient un sens pour eux.

Honneur de servir les autres avant tout. Rien ne prédestinait Adolphe à devenir maire de Saint-Viaud. Ses attaches étaient nantaises, et sans doute, en s’impliquant dans la vie locale nantaise aurait-il eu une toute autre trajectoire politique à l’échelon national. Mais non, en 1903, répondant aux appels de ses fermiers vitaliens, où il venait d’hériter de quelques biens du côté de sa mère, il accepte de se présenter à la vacance du siège de François Bocquien. Elu, il le remplace comme maire aussitôt.

Il y reste  maire au titre de cette notion d’honneur jusqu’en 1925, malgré de multiples sollicitations sur d’autres collectivités plus importantes.  Et c'est avec ce même honneur et cette fidélité que Louis, son fils ,accomplit lui aussi cette tâche, alors que les industries familiales lui demandaient beaucoup.

Jamais ces deux hommes ne se sont dérobés au mandat qui leur avait été confié par les électeurs de la commune, ou par ceux du canton et ses pairs pour Adolphe.

C’est ce même honneur et cette fidélité qui leur avaient fait adopter une ligne politique claire et précise qu’ils n’ont jamais mise de côté, même dans les temps compliqués, pour les idées qu’ils défendaient. A chaque fois, ils ont affronté le scrutin universel et l’ont remporté. Jamais ils n’ont renié leur parole, leur engagement, leur signature pour des combines politiciennes sans lendemain ou pour obtenir des postes plus avantageux.

De cela, même leurs adversaires politiques les respectaient.

Ce parcours de vie politique ferait bien d’inspirer un certain nombre de nos édiles d’aujourd’hui. On y trouverait peut-être plus d’adhésion et moins de désamours vis-à-vis de la classe politique de la part de nos concitoyens…

Le dernier mot  qui me vient à l’esprit est le bien commun. Je dis bien commun et non intérêt général. Est-ce l’influence des philanthropes protestants qu’ils côtoyaient  du fait de leur descendance d’une de leur partie de leur famille ou une certaine idée de la doctrine sociale chrétienne désirée par les grands penseurs du XIX° ? C’est bien autour du bien commun qu’ils ont construit leur action. Non pas pour un ou des intérêts particuliers qui deviennent un intérêt général, mais le meilleur qu'ils voulaient pour tous, sans exception.

Les courriers que l’on a retrouvés en mairie, les décisions prises tant ici qu’au sein du Conseil Général de la Loire Inférieure, vont tous dans ce sens.

Cette famille Jollan de Clerville, avec la branche Levesque, au-delà de ses deux représentants vitaliens, a beaucoup œuvré pour le bien commun. En étudiant le site internet familial, j’ai découvert la très belle figure de Marie Levesque du Rostu, l’instigatrice des bibliothèques pour tous. Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec Josiane, Mme de Foucher telle que je l’appelais, la fille de Louis. Elle s'est investie quand elle était conseillère municipale pour créer la bibliothèque municipale avec l’aide de bénévoles sur ce principe des bibliothèques pour tous. Permettez-moi par ce petit clin d’œil de l’associer à notre hommage.

Je suis très heureux de l’avoir connue et côtoyée au moment des venues des chorales des petits chanteurs dans les années 1990 alors que j’étais correspondant de presse. J’en garde un très bon souvenir.

Avec plus d’un siècle d’écart pour le début de l’action d’Adolphe, il m’est agréable de dévoiler aux côtés d’un ancien président du Conseil Général de la Loire Atlantique (Inférieure) la plaque au nom de ces deux grands hommes.

Je voudrais ainsi marquer par leur exemple les esprits de nos habitants et de mes pairs pour dire qu’il a existé et qu’il existe encore des femmes et des hommes pour lesquels l’honneur, la fidélité et le bien commun ont un sens et qu’il serait bon qu’on puisse encore s’en inspirer.

Ces personnes marquent l’Histoire, alors que les autres, tels des fétus de paille, seront bien vite oubliés par les générations à venir.

Merci de votre attention.

Vive Saint-Viaud

Avec André Trillard, ancien président du Conseil Général, ils ont ensuite dévoilé la plaque officielle de la place de la mairie.

Puis Roch Chéraud a invité les cocottes de la Basse Cour Orchestra à se produire en chantant un chant qu'elles interprétaient lors du son et lumière "Saint-Viaud dans la Grande Guerre, les étoiles de l'Estuaire" et où on suit notament le parcours d'Adolphe Jollan de Clerville. L'activité musicale des cocottes se met en parenthèse, et c'était un dernier hommage que les élus de Saint-Viaud leur avaient demandé de produire. Il a été très apprécié.

Puis Philippe Jollan de Clerville est intervenu pour la famille, racontant anecdotes et témoignages sur les deux hommes avant de dévoiler la plaque commémorative aux côtés de Béatrice de Foucher, conseillère municipale et communautaire.

Après une nouvelle interprétation d'un chant en finlandais pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants et la présentation de ceux-ci par Karine Le Garzic, 1ère adjointe en charge de la vie associative, culturelle, sportive, touristique et du patrimoine, chacun a ensuite pu continuer les conversations autour du verre du Vitalien. A noter que dans la salle du Conseil étaient présentés des objets et des documents ayant trait aux Jollan de Clerville.

Publication
17/09/2017 à 20h57
Mis à jour le 18/09/2017 à 07h18

Rédacteur
Roch Cheraud

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